Chiens de traineau – deuxième partie – les bivouacs

( suite de : Chiens de traîneau – première partie –  l’approche )

C’est par un bivouac que tout a commencé.

Il était beaucoup trop tard pour atteler les chiens et s’éloigner un peu alors … Christophe a décidé de bivouaquer là où s’arrête-la route et où commence l’aventure.

chiens voyage k
Nous débarquons les vingt chiens

Coincés entre les chasse-neiges garés sur ce coin de nulle part et un bout de forêt, nous avons installé à la hâte notre premier bivouac. Et ce fut la surprise. Quel boulot !!! La tente de trappeur si lourde, tendue entre deux arbres, le poêle qui ne veut pas prendre…

première nuit

Si je ne voyais pas la cheminée qui fume sur la photo  j’aurais dit que ce soir-là pour aller plus vite nous ne l’avions pas sorti. Mais si, preuves à l’appui, tout est en règle.

Les bivouacs sont au rang de mes meilleurs souvenirs.

Si le rituel est toujours le même, il est beaucoup plus agréable sous le soleil.

On s’arrête tôt, très tôt, vers 15h30, la nuit tombe , je dirais vers 16h45 sur cette côte à l’extrême Est du Québec début février. On choisit son endroit. Il doit y avoir des arbres pour tendre la tente et un coin assez grand et sympa pour installer les chiens.

H97CHIENStroisième camp au matin troisième camp

Christophe, tend un très long filin métallique pourvu de petits filins annexes, un pour chaque chien, entre les arbres. Les chiens ne pourront pas se toucher. On attache les chiens débarrassés des harnais en prenant soin de les placer par affinité. Chacun a son caractère, les bougons, les timides, les joyeux, les hargneux, tous adorables pour la néophyte que je suis.

On décharge les lourds traineaux, la tente de trappeur si lourde qu’on tend entre deux arbres solides à l’aide d’un treuil à main et qu’on fixe au sol.H97CHIENS au matin 2 H97 CHIENS 4 ième nuit

Je « sapine », car c’est la tâche qui m’est confiée, c’est-à-dire, à l’aide d’une machette je coupe de toutes petites branches de sapins qu’on glissera sous le tapis de sol et qui rendront la couche plus confortable et nous isoleront du froid de la neige.

H97CHIENSemplacement du camp
Lit de branchettes de sapin. Cette partie était sous la tente. Restes du camp au départ le matin. Le trou a été creusé par la chaleur du poêle.

Les hommes déchargent le poêle et le posent, sous la tente, sur deux arbres morts assez longs, trouvés sur place. Le poêle en chauffant fait fondre la neige et sans cette précaution il tomberait au fond du trou qu’il creuse et pourrait provoquer un incendie ou s’éteindre.

Pendant l’installation, dehors, on entretient un grand feu. Le froid est vif mais nous n’avons pas froid.

feu bivouac

Il faut du bois mort encore et encore. Le soleil faiblit, les chiens ont faim. Christophe leur donne à manger de la « moulée » (croquettes) ou des capelans gelés, ces petits poissons argentés qui viennent s’échouer sur les rives de la Bas-St-Laurent pour frayer. On en transporte un grand sac. Les « petits chiens n’en font qu’une bouchée, le bruit émis par leurs mâchoires au contact de la glace qu’ils brisent en une seconde est impressionnant.

La nuit est tombée. Nous aussi… de fatigue.

Nous mangeons, assis sur nos duvets près du poêle qui dispense une douce chaleur. Une marmite de neige fond sur le dessus, de l’eau ça peut servir.

H97CHIENS sous la tente H97CHIENS au matin 2

Soudain, à l’extérieur, les chiens entonnent un impressionnant concert. Tout commence par une longue plainte, puis, tous ensemble, assis, le regard tourné vers le ciel – je suis sortie pour voir dans la clarté de la lune- la meute hurle un long moment. C’est impressionnant et génial, j’en ai les larmes aux yeux. En une fraction de seconde le silence revient, comme si l’un d’entre eux, probablement le chef d’orchestre, avait donné le signal de fin. Le lourd silence retombe.

Si le ciel est clair il est rempli d’étoiles. Quelle heure est-il ? Cela n’a aucune importance. Nous nous glissons dans nos très chauds duvets, pas entièrement déshabillés. Christophe charge le feu au maximum pour qu’il dure le plus longtemps possible car la fraîcheur du matin n’invite pas à sortir de son cocon.

Christophe a dit : « mets ta tuque et t’auras pas froid »
Christophe a dit : « mets ta tuque et t’auras pas froid »

Un frémissement d’eau au fond de la marmite de neige nous réveille le matin. Christophe pense en premier à ses chiens, ça nous parait bien normal. La moulée du matin doit être mouillée d’eau chaude.

la tente 2

Après une toilette succincte, nous déjeunons brièvement et nous voilà en pleine forme pour…

petit dej

Tout démonter, charger les traineaux, une place pour chaque chose, mettre les harnais aux 20 chiens turbulents et impatients, contrôler que le poêle est bien refroidi, j’en oublie. Et chaque matin vers 11 heures, tout  transpirants, nous sommes enfin prêts à partir.

 

 

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13 réflexions sur “Chiens de traineau – deuxième partie – les bivouacs

      1. J’adorerais, car j’aime l’aventure. Mais j’ai quelques freins : le froid, l’équilibre, les courbatures, le cocon douillet de mon appartement. Je suis moins jeune que toi, mais j’ai déjà mis un frein à mes aventures de jeunesse. Je devrais également sortir mes diapos et photos. C’est prévu de le faire pour les numériser, mais cela prend du temps, et entre le travail, les Moocs, la famille, les amis,… il ne m’en reste pas assez. Mais je n’ai pas fait une croix dessus !

        Aimé par 1 personne

  1. Maratier Nicole

    Bravo de nous faire partager tes périples ! Je savais côtoyer une aventurière mais pas une aussi grande aventurière. J’ai l’impression de relire Jack London qui m’a tant fait rêver ! A côté les balades en forêt d’Olonne ou dans le marais doivent te sembler bien fades !

    Aimé par 2 personnes

    1. Quelqu’une a vendu la mèche et tu es tombé dans les filets de « la copine qui ennuie tout le monde en racontant ses vacances ». En tous cas je suis TRES contente de te retrouver là. Tes compliments me vont droit au cœur même si je fais la part des choses. J’adore les balades en ta présence en forêt d’Olonne, dans les marais ou autour de Saint Jean d’Orbestier car tu m’apprends beaucoup de choses sur ta région.

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    1. Nous n’avons jamais eu froid tellement l’activité était intense. Le temps était clément, nuageux ou clair et sec, pas d’humidité qui est plus difficile à supporter que le froid. On était bien couvert, trop couverts même et de plus on n’avait pas de thermomètre. Ce ne sont que de bons souvenirs!

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